Nouvelle-Zélande : partie voyage

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Comme promis, je vais te décrire notre premier coup de cœur en arrivant sur cette île : Ted, le gars avec qui on a échangé des dizaines d’e-mails avant d’arriver, parce qu’on nous l’a recommandé pour louer une voiture. Bien au-delà de ce service, Ted a fait office de véritable guide touristique lorsqu’il s’agissait de préparer notre périple, nous envoyant les liens des meilleures compagnies pour le ferry, nous rendant attentifs aux routes qui risquent d’être fermées à cause des tremblements de terre, etc. L’homme de la situation, avec visiblement le cœur sur la main. Quelle ne fut pas notre surprise, à l’aéroport, de découvrir un vieux papi de 83 ans, sec comme un haricot, un panneau « Valiton Family » en main, à nous accueillir avec un joli chapeau bob sur la tête, des shorts tirés bien au-dessus du nombril, et surtout, des chaussettes blanches tirées soigneusement jusqu’aux genoux. Un délice !

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Lorsqu’on s’est rendus vers le véhicule (qui doit dater à peu près de la même époque que son propriétaire…), Sophie me glisse à l’oreille : « J’espère qu’il pourra bientôt mourir ! ». A mon regard interrogateur, elle répond : « Ben parce qu’il est vraiment vieux… :-) L’occasion de lui expliquer la différence entre une personne âgée très malade (comme son Papili – pour qui on avait effectivement prié pour qu’il puisse s’en aller), et une personne âgée en pleine forme, comme notre ami Ted.

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Avant de te raconter notre périple du tour de l’île, je dois te faire une confession. Je n’aurais jamais pensé que cela m’arriverait à moi. La voilà : je n’en peux plus de voyager !!! Je sais que personne ne m’a obligée de vivre toute cette aventure, et je suis consciente qu’en lisant ça, tu dois te dire : « non mais je rêve ! elle a la chance de visiter tous ces endroits paradisiaques, et elle se plaint ! » Eh bien, figure-toi que je me sens comme le gars qui fait de l’haltérophilie dans le sketch de Gad Elmaleh. Ce dernier décrit la profonde débilité de certains sports aux Jeux Olympiques, et notamment ce gars qui est parterre, qui essaie de soulever un poids qui fait 4 fois le sien, qui devient rouououge et qui transpire de partout. Et c’est là que j’entends Gad, comme s’il se tenait à côté de mon oreille : « Mais POURQUOI TU FAIS Ça ??? » Oui, j’en peux plus de défaire et refaire les bagages, j’en ai marre de me faire dévorer par des « sandflies » (mouches à sable) et de me gratter les pieds encore dix jours plus tard, et surtout, SURTOUT, lorsque je suis malade, et que mes trois enfants sont malades, j’ai envie d’être chez moi, dans ma maison, avec les médicaments que je connais, et une maman (plus une belle-maman, plus des baby-sitters !) qui peuvent venir donner un coup de main… Voilà, tout est dit ! ça t’est déjà arrivé d’être malade loin de chez toi ? Alors tu dois comprendre. La bonne nouvelle, c’est que la partie « sac au dos » de notre aventure est derrière et que nous avons pu nous poser à Matamata, lieu où on fait notre école et où nous restons pour les 3 mois à venir ! Quel bien ça fait d’avoir rangé ces valises !

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Mais commençons par le début – ça va à nouveau me faire penser aux bons moments de notre voyage. Les paysages en Nouvelle-Zélande sont à couper le souffle, tout simplement !

En descendant vers le Sud, nous nous sommes arrêtés trois jours chez des amis à ma sœur. (L’avantage d’avoir de la famille qui a habité le pays pendant 6 ans !) Nous avons été touchés par le sens de l’accueil de ces gens : hébergeant déjà la grand-maman malade pour quelques semaines, ils ont réussi à faire de la place pour notre famille de 5 personnes, nous offrant littéralement chacune de leurs chambres : les 3 grands garçons ont été dormir chez des copains et dans la caravane du jardin, les parents et la fille de six ans se sont coincés dans une pièce afin de nous laisser le plus d’espace possible. Incroyable ! Ils nous ont concocté des plats néo-zélandais tous les soirs et nous ont emmenés voir tous les coins qui ont compté dans l’histoire familiale de ma sœur (leur maison, l’école des enfants, le chemin pour s’y rendre, etc. Un vrai plus pour nos enfants, de se rendre compte où leurs cousin/cousines ont grandi toutes ces dernières années !) Cette visite chez ces gens m’a ouvert les yeux sur la qualité de vie qui découle d’un cœur ouvert. La grand-maman souriait du matin au soir, nous faisait des compliments sur nos ravissants enfants, et lorsqu’on l’interrogeait sur ses douleurs, elle répondait systématiquement que ça allait, « Praise the Lord ! » (« Dieu soit loué »).

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J’ai appris que cette petite mémé avait eu 11 enfants, dont une petite fille adoptée, et qu’elle en aurait voulu encore plus, si Dieu l’avait voulu ! J'ai adoré quand elle parlait des matinées, aux réveils, quand ses enfants grimpaient dans son lit les uns après les autres : je te jure qu'elle avait des étoiles dans les yeux ! « There wasn’t a lot of space, but we had fun! » (« Il n’y avait pas beaucoup de place, mais qu’est-ce qu’on s’amusait ! ») C’est aussi elle qui nous a emmenés manger les meilleures glaces de la ville, en insistant qu’elle voulait payer. Bref, un amour… Mis à part ces souvenirs précieux gravés en nous, je pense que nous emmènerons une autre chose de ces gens. Jeanne et Sophie ont eu la chance d’aller récolter tous les jours les œufs dans le poulailler, et depuis, elles nous harcèlent pour qu’on achète des poules, en Suisse. Et plus je joue avec l’idée, plus ça me plait ! Pas juste pour avoir des œufs frais tous les jours, mais aussi symboliquement, pour me rapprocher d’un style de vie un peu plus rustique, un peu plus terre à terre. A voir !

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Tu te rappelles du petit balcon à Kaikoura où j’écrivais le dernier article face à l’océan ? Eh bien, ce jour-là, nous avons fait la rencontre avec des animaux absolument ravissants, ceux que je raffole regarder au zoo de Berne : des phoques ! En pleine nature, à 10 minutes de l’endroit où on a parqué la voiture, à se prélasser sur des rochers et à faire des cabrioles dans l’eau. Magique !

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On serait volontiers allé voir des kiwis (l’oiseau, cette fois) à Queenstown, mais quand on a entendu que cela coûtait 45 dollars par adulte, on a gentiment décliné l’offre et refait demi-tour (à la grande déception des enfants).

Des wallabys, des lapins sauvages et des possums, nous en avons vus en quantité (les derniers souvent écrasés au bord de la route, hélas… Bon, il faut dire qu’ils n’ont pas l’air très fute-fute : lorsqu’on en voyait un au milieu de la route, c’est à peine s’ils tournaient un peu la tête dans notre direction, l’air de dire : « Tiens, j’ai entendu quelque chose… » Pas étonnant qu’ils finissent souvent sous les roues.)

En parlant d’animaux, le sommet de notre périple était une visite complètement imprévue d’un banc de dauphins, tout au sud, à Milford Sound. Il faut t’imaginer un paysage brumeux, un bateau style « grand catamaran », des fijords, des montagnes qui tombent à pic dans l’eau de tous les côtés, des chutes d’eau vertigineuses, une eau sombre et une atmosphère un peu mystique. Et là, tout à coup, des cris hystériques de certains passagers : « Dolphins, dolphins !!! ». J’ai chopé Marcel sous le bras, tiré Jeanne par la main, laissé Sophie à Jérémie et tous ensemble on a couru vers l’arrière du bateau. Dès que nos yeux s’étaient un peu habitués à rechercher les remous sous l’eau, on les a vus ! Des dizaines de dauphins, des vrais, des gros (ils me paraissaient immenses !) qui sautaient hors de l’eau et s’amusaient avec les vagues du bateau. Un moment de pure beauté ! (Je n’ai fait aucune photo de ces moments : je profitais simplement du cadeau. Les seuls souvenirs visuels que nous en gardons sont les jolis dessins que Jeanne en a fait par la suite.)

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Le reste, eh bien il se résume à de la fatigue stockée durant des semaines et qui a fini par faire surface : 3 enfants qui tombent malades les uns après les autres, moi qui chope le même virus, et nous voilà en plein été avec une vraie grosse grippe. Avec la composante non-négligeable du voyage en plus : en 5 jours, nous devions remonter toute l’île du Sud pour ne pas rater le bateau. Ceci nous a valu des réveils à 3 heures du matin, afin de faire le maximum de kilomètres pendant les heures de sommeil des enfants. « Praise the Lord », comme dirait notre amie grand-maman, Jérémie a tenu le coup ! Je n’ose pas imaginer le scénario s’il avait également succombé aux microbes ! Ce sale virus m’a valu quelques moments embarrassants – notamment à l’ambassade de Suisse à Wellington, où j’ai dû aller renouveler mon passeport. Mal comme un chien, j’ai tout juste réussi à faire la photo et donner mes empreintes digitales, suite à quoi j’ai été m’allonger dans le couloir. (Sympa, le souvenir d’une photo pitoyable pour les 10 ans à venir dans le passeport !) Sur le ferry également, j’ai vu de près le sol du restaurant, où j’ai dû me coucher sous la table.

Ma vue sur le bateau du retour... ;-)

Ma vue sur le bateau du retour... ;-)

Le pire, je crois, c’était de ne plus savoir comment rouler, dans cette voiture à 35 degrés : si on mettait la clim’, les éternuements se succédaient à l’infini, et si on ouvrait les fenêtres, c’était les quintes de toux qui se déchaînaient. Inutile de te préciser le soulagement lorsqu’on a atteint notre but final qui était l’école, ici, à Matamata. Enfin un endroit qu’on ne devait plus quitter le lendemain, et où l’on a pu trouver du repos pour nos corps éreintés !

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Pour te donner un petit aperçu en chiffres : en 40 jours à peine, nous avons dormi dans 24 lieux différents et durant les 3 premières semaines en Nouvelle-Zélande, nous avons avalé 4000 km de bitume. Tout ceci avec des petits enfants incroyablement courageux, à qui on n’a rien demandé, mais qui ont fait preuve d’une patience et d’une bonne volonté que je ne leur connaissais pas auparavant ! (Il faut dire que j’ai développé des dons d’animatrice en voiture que je ne me connaissais pas non-plus avant ! Toutes les chansons de tout mon répertoire, depuis ma tendre enfance jusqu’à maintenant, y ont passé – et j’ai inventé des histoires comme je n’en ai jamais inventées ! Je pourrais aisément publier des livres pour enfants à notre retour !)

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Et pour finir cet article sur un dernier aveu, je dois t’avouer que j’ai de la peine avec cette lubie des néo-zélandais de foutre de la moquette partout ! (Même à la salle de bain et sous la table à manger ! Ils n’ont peut-être pas les mêmes enfants que nous, de l’autre côté de la Terre ? Je te laisse imaginer l’odeur dans notre petit bungalow, avec Marcel qui renverse régulièrement son bol de lait, le matin…)

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Autrement, je compte bien emporter avec moi la mentalité de ce pays, quand je rentrerai en Suisse ! Un joli résumé de cette mentalité est la phrase suivante, qu’on voit sur tous les petits vans de location, appelés JUCY (et il y en a, des JUCY, dans ce pays !) : « The glass is half-full. And the other half was delicious. » (“Le verre est à moitié plein. Et l’autre moitié était délicieuse.”)

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Sur ce, je te souhaite une magnifique semaine et te dis à bientôt ! (La prochaine fois, je t'en dirai un peu plus sur cette école qu'on fait - et sur les choses croustillantes qu'on apprend concernant le couple et la famille !)

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Laos (2e partie)

Laos, île de Don Khon

Laos, île de Don Khon

Il est 22h30, je me trouve à Kaikoura, île du Sud de la Nouvelle-Zélande, sur un petit balcon face à l’Océan, l’insigne illuminé « Panorama Motel » à ma gauche et les 4 autres membres de ma famille endormis derrière moi. Impossible d’aller me coucher avant d’avoir posé sur papier les quelques lignes qui me trottent dans la tête.

Tout d’abord, merci de me lire : ça me fait me sentir connectée à quelqu’un de « là-bas », alors que je suis en train de me rechercher dans ce « ici ». Pas toujours évident, des fois. Ce matin, en sirotant mon thé devant le dernier motel (sorte de chambres d’hôtes) à Wellington, j’ai soudain senti des larmes couler sur mes joues. Aucune idée d’où elles sortaient, ni la raison pour laquelle elles étaient là. Mais en y réfléchissant, c’est vrai qu’il y a de la tristesse aussi, à plier bagages à chaque fois, dire au-revoir à un endroit qu’on venait de découvrir, tout quitter sans arrêt, et surtout, sans savoir où nous mèneront nos pas.

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Mais ne t’inquiète pas : je ne vais pas te barber avec mes histoires de cœur. Juste te laisser apercevoir également les sautes d’humeur d’une famille voyageur… Et des sautes d’humeur, il y en a eues, ces derniers jours ! Des moments où mes trois enfants me sortaient par les deux oreilles (surtout lorsqu’il fallait les « entretenir » jusqu’à minuit passé, tellement le décalage horaire était rude à avaler cette fois-ci)… Aussi l’adaptation nécessaire, après avoir passé dix jours en « grand comité » avec nos amis, au Laos, et tout à coup, « POF, plus que nous ». Sans parler du saut réalisé entre l'Asie et un continent à nouveau plus "occidental". Bref, pas évident à gérer, tous ces changements.

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Mais revenons un peu en arrière, sinon, je devrais changer mon titre, car il n’y aurait pas de « 2e partie du Laos ». 

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Avant de te raconter 2-3 choses de notre voyage aux « 4000 îles » (Laos), je vais te concocter un petit cocktail de citations qui m’ont nourrie, durant ce séjour. Elles sont toutes tirées du livre « Voyage et déroute » de Michel Maxime Egger, sous la direction de Lytta Basset (peut-être que ce nom te dit quelque chose). Il s’agit d’un livre qui récolte les écrits de divers auteurs autour du voyage, et notamment de Nicolas Bouvier, poète et écrivain suisse.

 

On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives (…).
— Nicolas Bouvier
Certains partent pour réaliser un rêve, aller voir de leurs propres yeux un paysage imaginé, vérifier sur le terrain un texte ou un film, concrétiser un fantasme suscité par un atlas, un globe terrestre lumineux, des noms sucrés, mystérieux et pleins de promesses : Savannaketh (petite parenthèse de moi : c’est DANS CETTE VILLE que j’ai lu cette phrase ! J’adore ces petites coïncidences ! Je referme la parenthèse, désolée), Zanzibar, Pondichéry, Honolulu…(…)

D’autres encore, éternels passagers (plus ou moins clandestins) de l’existence, font du départ toujours recommencé une porte indéfiniment réouverte sur tous les possibles. La pérégrination est leur mode d’être au monde, l’entre-deux du voyage le lieu même de leur vie.
— Michel Maxime Egger
Le monde est un livre dont on n’a lu que la première page si l’on n’a pas quitté son pays.
— Paul Morand
Le voyageur est prêt à limer sa cervelle contre celle d’autrui.
— Montaigne
Le monde ne s’ouvre vraiment à nous que si nous nous ouvrons au monde.
— Michel Maxime Egger

Et une dernière citation de Nicolas Bouvier, non pas que je m’identifie avec ce qu’il dit, mais parce que ça m’a fait sourire :

Baiser me manque, ne me manque pas tant dans les couilles que dans le cœur. Baiser est un exercice du cœur.
— (Ecrit en 1955, dans un snack-bar goanais)
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 Voici mon petit cocktail de phrases inspirantes. J’espère qu’elles t’ont plu aussi. Sur ce, je vais aller me coucher - je continuerai demain ! Bonne nuit !

 Voilà, 6h25, je suis de retour, et j’ai de la peine à garder mes yeux sur l’écran, tant la beauté de l’Océan me captive. Mais grâce à mes cours de dactylo, je peux écrire en absorbant cette immensité par le regard !  Autre élément perturbateur : une mouette qui vient quêter les restes de notre souper de hier, et qui pousse des cris bien stridents pour mes oreilles qui viennent de se réveiller…

Océan à Kaikoura (Nouvelle-Zélande)

Océan à Kaikoura (Nouvelle-Zélande)

J’essaie de t’imaginer de ton côté du globe, un dimanche soir à 18h30, toujours en w-e, alors que chez nous, il est lundi matin – la nouvelle semaine a démarré. Ça n’arrêtera jamais de me fasciner, je crois.

 

Mais revenons à nos moutons : je t’avais promis quelques pépites d’or de notre temps au Laos. La première, c’est celle que le petit Marcel nous rappelle quasiment au quotidien, tellement ça l’a marqué. Je te la raconte avec ses termes à lui : « Eléphant voir ! Mangé bananes ! Bädele ! » (= prendre son bain).

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Moment magique à découvrir cet animal tendre à la peau rugueuse (cette fois, je sais de quoi je parle), et dans son milieu d’habitat naturel. Le monsieur qui s’occupait des éléphants disait que pour lui, cet animal était son « true love » (vrai amour), et on voyait qu’il les traitait ainsi.

 

Autre moment touchant pour moi : Nouvel-An, avec nos amis, plus des amis à nos amis. Soirée magnifique, sous la lune et les palmiers, à danser et chanter avec les enfants « ça fait rire les oiseaux » (je l’ai nommée « ma chanson 2018 » : va écouter, ça te donnera la pêche !).

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Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est quelques heures plus tard, dans ma chambre de « guesthouse » : j’avais été réveillée par les pleurs d’un enfant dans la chambre à côté. Ces pleurs ne cessaient pas et l’enfant paraissait de plus en plus dans la détresse. Personne pour le calmer, le rassurer. J’en ai déduit que les parents devaient être encore à la fête qui se déroulait à la réception. Impossible de me rendormir, mais je ne savais pas quoi faire. L’idée d’aller frapper à sa porte et de lui parler en anglais m’a traversé l’esprit, mais je suppose que ça l’aurait encore plus traumatisé. J’ai donc fait la seule chose que je sais faire dans ce genre de situation : prier. J’ai demandé à Celui qui sait calmer les tempêtes de venir calmer ce cœur angoissé, d’apporter Sa paix et Sa consolation. Le résultat m’a donné la chair de poule : les pleurs ont cessé à la seconde même ! J’ai vécu cette expérience comme un vrai encouragement à me tourner davantage vers la prière, et vers Celui qui peut aller dans les endroits où il m’est impossible d’y aller moi-même.

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Et le dernier moment croustillant que je te partage : notre tour en pirogue sur le Mékong (un autre nouveau mot préféré à Marcel : « MéKONG MéKONG ! ») pour se rendre à Don Khon, notre île, parmi les 4000. Coucher de soleil à notre droite, et peu après, le lever de la lune (quasi pleine), à notre gauche, avec les reflets sur l’eau.

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Si tu fais partie des gens qui m’ont dit, avant le départ, que c’était courageux de partir avec nos 3 enfants, et bien, ce genre de moment fait largement pencher la balance dans le positif : c’est déjà incroyable, de vivre ce genre de situation lorsqu’on est seul, encore mieux si on est à deux, mais t’imagine, ce bonheur partagé à 5 ?

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Je réalise la valeur et l’importance de notre « banque de souvenirs en famille ». De quoi nos enfants se souviendront-ils, lorsqu’ils seront grands ? Que l’on se trouve bien chez soi, ou à l’autre bout du monde : sachons vivre et transmettre l’amour de la beauté autour de nous !

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Pour ne pas rallonger cet article, je laisse la partie « Nouvelle-Zélande » pour le prochain épisode. Juste pour te situer les grandes lignes : nous avons atterri dimanche passé (le 7) à Aukland, île du Nord, y avons loué une voiture et commencé notre périple vers le Sud. Hier, nous avons pris le bateau (style Corsica Ferries, en références européennes) pour rejoindre l’île du Sud. Nous espérons en faire le tour en 12 jours, soit environ 3000 km.

 Dans le prochain article, je vais te décrire notre premier coup de cœur, notre premier Kiwi (non pas le fruit, ni l’oiseau – juste un habitant de Nouvelle-Zélande) : Ted ! Mais je ne t’en dis pas plus pour l’instant

 

 

 

Thaïlande - Laos (1ère partie)

 

Nous voilà sur sol asiatique depuis 10 jours déjà ! La Thaïlande a été, je cite ma fille Jeanne, « si belle, douce et agréable ». La rencontre avec nos filleuls de Compassion (voir mon dernier article) nous a amenés tout tout tout au Nord du pays, à 4 km de la frontière du Myanmar (appelé autrefois la Birmanie). Après une route scabreuse et très vallonnée (2 vomis de la part de Marcel), nous avons découvert un peuple qui vit dans les collines (hilltribe : tribu des collines). Tu as déjà vu l’émission « Rendez-vous en Terre inconnue » ? Eh bien, c’est comme ça qu’on s’est sentis !

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Transportés pour deux jours dans un autre monde, et placés face à face avec des gens qui semblaient vivre sur une autre planète. Et pourtant, très vite, nos cœurs se sont mis à battre au même rythme : des échanges de salutations maladroites, des sourires gênés, des « mercis » à répétition, pour tous les signes d’accueil qu’ils nous avaient préparés, des mains qui serraient les nôtres, des bras qui portaient nos enfants, un match de foot amical entre Jérémie et Wattana – rien de tel que la complicité créée autour du ballon ! (Surtout quand Marcel s’en est mêlé, a visé le ballon, en criant « shooter Wattana ! »)

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Je découvre une dimension nouvelle au voyage, grâce au fait de voyager en famille : les connexions se font instantanément, surtout lorsque les locaux entendent les « Savadika ! » (« Bonjour ») soigneusement entraînés de nos enfants.  Même constatation lorsque je tentais d’endormir Marcel dans le porte-bébé, et que mon regard a croisé celui d’une autre maman, devant sa case, à bercer son bébé. Sourires complices, délicieux.

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Pour en revenir à la visite de nos filleuls, nous avons été très touchés par la différence que nos petits dons (50.- par mois, plus un « cadeau » à Noël) ont pu faire dans leur vie : chez Nayoh, qui a perdu son Papa il y a 4 ans, la maman a pu subvenir aux besoins fondamentaux de ses 3 filles en construisant une maison en briques. Elle nous a également remerciée de lui avoir permis d’acheter une cuisinère à gaz, avant quoi elle devait tout cuisiner sur le feu.

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Chez Wattana, dont le père est en prison probablement pour le restant de ses jours, et dont la mère vient de décéder au mois de mai, la visite de ses « parrain – marraine » lui a arraché des larmes. Il vit chez son frère et sa belle-sœur, avec leurs 4 ravissantes petites filles. Leur maison était entièrement construite en bambou, et trônait à 3 mètres du sol, à même le branchage des arbres autour.

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Un échange authentique, indescriptible, sur cette « terrasse » surplombant les rizières : une vraie rencontre entre deux cultures. Jérémie s’est proposé de faire une prière et très spontanément, nous avons pu remercier notre Père à tous, pour ce bonheur partagé ensemble, pour l’accueil et la chaleur qu’ils nous avaient réservés, et bénir ces familles dont nous avons eu la chance de croiser le chemin.

Ces rencontres nous ont plus que jamais convaincus de partager un bout de notre richesse : mon mari disait que ces petits virements à la fin du mois ne signifiaient pas grand’ chose jusqu’à présent, pour lui. Désormais, on en comprend un  peu mieux la valeur et la différence qu’ils apportent dans de vraies vies.

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Avant de clore ce chapitre sur la Thaïlande, voici en vrac les choses que j'y ai préférées :

- pouvoir porter mon bébé sur les genoux lors des déplacements en voiture : un délice !

- le nombre incalculable de scooters et de tuk-tuk !

- les couleurs ! Je n'ai jamais vu un pays afficher avec autant de fierté la couleur rose ! (même dans l'avion, les sièges étaient entièrement rose et violet : un paradis pour mes petites princesses !)

- les massages... ahhh !

- la nourriture ! (curry de toutes sortes, fruits exotiques, hmmm !)

- notre petit Noël en famille, le 24 décembre, dans un hôtel un peu plus luxueux (piscine, palmiers, cadre de rêve, ...)

Et les choses que j'ai moins appréciées :

- le nombre de vomis à gérer depuis le départ (ceux des enfants ET les miens), et la lessive excessive qu'ils ont engendré...

- les coups de gueule en couple, à divers moments, dus à la fatigue et au stress des départs, notamment...

- les nuits interrompues par les pleurs, à cause des piqûres de moustiques ou des états d'âme un peu fragilisés de nos enfants (beaucoup de changements et d'inconnu, pour eux...)

- les superbes prises de vue qui se perdent, simplement parce que je porte un enfant et que ce n'est pas réaliste de s'attarder à tous les coins de rue pour prendre des photos, lorsqu'on bouge à 5...

Quelle joie, après ces quelques jours en Thaïlande, d’atterrir au Laos chez nos amis Gaël et Ruth, et leurs fabuleux petits crapauds Louis, Matthieu et Paul. Un pur délice, ces journées passées à découvrir leur vie ici ! Ils sont au Laos depuis bientôt 5 ans, et ont mis sur pied un centre de formation professionnelle pour jeunes laotiens. Le but c’est de les former pour qu’ils puissent démarrer un petit business dans leur village : salon de coiffure, café, menuiserie, atelier de couture, etc. Cette vidéo présente bien leur projet « B4Lao ».

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J’apprécie énormément les discussions profondes qu’on peut avoir avec nos amis, et j’avoue que j’ai été ravie d’apprendre qu’ils comptent regagner la Suisse pour de bon au mois de mai 2018 (comme nous) ! Ils nous accueillent chez eux avec la même générosité pour laquelle les Laotiens sont connus : ils nous concoctent des plats exceptionnels tous les jours, les soirées sont réservées à des « jeux, mojitos, et compagnie » et surtout, il y a toujours un fond musical, du matin au soir. Chacun peut y faire passer ses chansons préférées – l’ambiance dans la maison n’est pas triste ! C’est sûr, je vais garder cette formule pour mes journées de retour en Suisse !

 Après nos 5-6 jours de repos ici (j’en avais bien besoin : les préparatifs du voyage ainsi que la sorte de gastro par laquelle nous avons tous passé, m’ont fatiguée plus que ce que j’avais imaginé…), nous nous rendrons au Sud où nous visiterons la région des « 4000 îles » ! La suite, au prochain numéro !

Merci de nous suivre au travers de ce blog, et d'avance déjà un "very happy new year" à toi !

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Le grand départ approche

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Encore 4 dodos, et l’aventure commence ! Le calendrier de l’Avent, que nous découpons chaque jour afin de visualiser le compte à rebours, montre un avion le 18 décembre. Eh oui, nous décollons lundi qui vient !

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Avant de partir, je vais quand-même t’expliquer ce qui nous a poussés, il y a 6 ans, à former ce genre de projet !

Nous étions alors en Chine, avec mon chéri, pour une année sabbatique. (Nomade depuis toute petite, j’avais dit un jour à mon homme que je le marierais, à condition qu’on n’allait pas s’installer à tout jamais dans une localité et y rester pour le restant de nos jours. Il a tenu sa promesse, et le continent asiatique a été notre premier lieu de destination.) Là-bas, nous avons entendu parler d’un principe d’agriculture qui se pratiquait dans l’Ancien Testament. Une sorte de règle d’or, pour assurer une fertilité maximale : tous les 7 ans, on laisse reposer la terre, on n’y touche pas, et elle se régénère toute seule. Cela a fait tilt dans nos cœurs : pourquoi ne pas appliquer ce principe à notre vie de famille ?

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Une année sur sept deviendrait une sorte de « mise sur pause », de prise de recul : on se change les idées et de préférence, dans un autre pays, imbibés d’une autre culture. On se laisse le temps de vivre nos rêves, de revoir les priorités de notre quotidien, de rafraîchir la vision qu’on a de l’avenir, et si besoin, de redéfinir une nouvelle direction à prendre. (Suite à notre dernière année sabbatique, mon homme et moi avions changé de voie professionnelle : lui de pasteur à manager dans une école hôtelière, et moi d’enseignante à coach.)

Voilà donc l’origine de notre projet. La suite, elle s’est assemblée au fur et à mesure : notre passion pour les couples nous a amenés à rechercher une formation dans le domaine.

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Nous en avons trouvé une de 4 mois à l’autre bout du monde : en Nouvelle-Zélande ! (Si ça t'intéresse, tu peux regarder ici) Ce pays ne nous est pas totalement inconnu, puisque ma sœur y a vécu de nombreuses années avec sa famille. Nous avions eu d’ailleurs l’opportunité d’aller les voir, lors de cette année sabbatique en Chine. Difficile de ne pas tomber amoureux de cette île ! Cela sera donc notre point crucial de notre voyage : se former pour approfondir le sujet « couple » afin de devenir des personnes de ressources en la matière.

La première escale que nous ferons sera le nord de la Thaïlande, Chiang Rai, où nous aurons la chance d’aller rendre visite à nos deux filleuls que nous parrainons avec l’organisation Compassion.

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La deuxième escale se fera au Laos, chez nous amis Gaël et Ruth Letare, qui y vivent avec leurs trois enfants. Nous aurons la joie de célébrer Noël et Nouvel-An avec eux.

Et pour finir en beauté, nous rentrerons par l’autre côté du globe (nous ferons donc effectivement le tour du monde !) en s’arrêtant à San Francisco pour deux semaines. De là, nous aurons le bonheur de cheminer avec nos amis Patrick et Yaëlle, des backpackers hors-pair, qui nous initieront à la vie en mobil home. (Il s’agit des parrain-marraine de notre petit Marcel.)

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Au travers de ce blog, je te propose de nous accompagner sur notre périple, avec le prix du billet d’avion en moins. Je serais honorée de partager avec toi nos grandes et petites aventures, et pour te souhaiter la bienvenue à bord, je te présente chaque membre de l’équipage :

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Jérémie, l’homme de la situation. Il a un côté hyperactif qui nous rend la vie de famille palpitante. Il jongle avec les éléments du quotidien comme si tout n’était que joie et légèreté. (Lorsque, sous le coup de la fatigue, je lui ai demandé un exemple de deux activités qu’il arrivait à faire en même temps, il m’a répondu sans réfléchir : « Faire l’amour et regarder le foot. »  Mouais, c’est ça… Dans ses REVES !!!)

Il lui arrive d’avoir des coups de blues, bien sûr, et j’avoue que secrètement, je suis ravie d’être par moments celle qui doit un peu le rassurer ou lui remonter le moral. (C’est si souvent l’inverse…) La qualité que j’apprécie le plus chez lui ? Sa façon de jouer avec nos enfants : il arrive à se plonger dans leur monde avec une facilité incroyable, et il sait transformer des larmes de tristesse en larmes de joie en un rien de temps. Son défaut principal (à mes yeux) ? Au volant, il subit une sorte de métamorphose profonde qui le fait devenir M. Justicier de la Route et qui classe automatiquement tous les autres conducteurs dans la case d’incompétents. Mieux vaut ne pas être dans la voiture devant ou derrière lui…

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Jeanne, notre petite professeure sur pattes. Elle n’est jamais aussi heureuse que lorsqu’elle peut comprendre un nouveau concept ; elle analyse sous 14 angles différents les situations qu’elle rencontre et pose des questions et des questions et des questions à n’en plus finir. (J’ai inventé pour elle le système « Bip » : lorsque j’en peux plus, je dis ce mot magique, et là, elle sait qu’elle doit changer d’activité et ne plus me poser de questions pour un moment…) Son dernier défi de ce soir : expliquer au chat la différence entre un déménagement et le fait qu’on ne part que 5 mois. Le langage des signes ne semblait pas marcher, alors elle a décidé de lui faire un tableau demain, à suspendre en dessus de l’endroit où il dort habituellement (la table à langer…). On verra si le chat comprendra mieux par dessin. Jeanne a aussi un rire cristallin, surtout lorsque son petit frère fait des bêtises. Nul n’arrive à faire rire Jeanne comme Marcel. C’est également une grande aventurière : elle raffole des changements, quels qu’ils soient. (Elle nous demande régulièrement quand est-ce qu’elle aura 12 ans, parce qu’un jour on lui a dit qu’avant cet âge-là, on n’allait pas lui donner de natel…).  

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Sophie : on l’appelle communément « Schmusetiger », ce qui signifie « tigre à câlin ». Son langage d’amour principal, aucun doute, c’est le toucher physique. Et attention, lorsqu’elle fait un câlin, elle le fait corps, âme et esprit : ses petits yeux fermés solennellement, elle serre l’autre contre elle avec une douceur infinie. Son petit frère a en outre encore l’option « massage du crâne » : dès qu’il se trouve à moins de 50cm d’elle, Sophie lui chope la tête, lui glisse les deux mains dans les cheveux, et c’est parti pour une sorte de shampoing à sec. La plupart du temps, il semble apprécier la séance… C’est également Sophie qui exprime avec le plus de force ses émotions : autant dans la joie que dans la détresse ! Je la verrais très bien chanteuse d’opéra un jour. ;-) Mon papa, qui souffrait d’Alzheimer à la fin de sa vie, avait une certaine appréhension quand je venais en visite, accompagnée de Sophie… Il craignait pour ses oreilles avant même qu’elle n’ait l’occasion d’ouvrir la bouche. Cela n’a jamais empêché Sophie de se lancer dans ses bras, ou de se cocoller à ses jambes.

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Marcel, notre grand cadeau du ciel : arrivé dans la famille un peu par surprise, c’est le nom qu’on lui a donné dès le début. Et ça lui va à merveille ! Ce petit garçon a l’art de faire fondre des glaciers (et ce n’est pas juste parce que je suis sa mère que je dis ça ! ;-) ) Déjà tout petit, ma belle-mère disait de lui qu’il était une sorte de « force tranquille ». Il ne dit pas grand chose, mais il déplace des montagnes. Son mot préféré ? « ‘aconte ! », et il vient poser ses fesses sur nos genoux en ouvrant le livre qu’il a choisi. Ses petits yeux bruns sont grand ouverts sur le monde, et je me réjouis déjà de voir notre aventure se refléter dans ce regard si tendre.

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Voilà, et moi, tu me connais déjà. (Si ce n’est pas le cas, tu peux lire ça.) Je me sens vraiment privilégiée de faire partie de cette petite troupe et de partir en voyage avec eux !

 

Comme tout dernier point, je voudrais répondre à une question que peut-être tu t’es posée en entendant parler de notre projet : mais COMMENT ils font pour se payer ça ? Alors pour commencer, je ne pense pas que nous faisons partie des gens ultra-riches (ça dépend toujours à qui on se compare, on s’entend !). Mais je voudrais plutôt te dire que lorsqu’on a un rêve, et qu’on désire vraiment de tout cœur que ce rêve se réalise, eh bien, on trouve les moyens.

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Chez nous, cela ressemble par exemple à un choix de n’acheter que des voitures d'occasion. (Et si la portière, par malchance (hehem...) est enfoncée, on ne la fait pas réparer, etc.) Côté habits et meubles, nous misons aussi sur le second-main, n’accordant aucune importance aux marques, aux objets de luxe, etc. C’est une question de priorités : le fait de collectionner des expériences de vie a plus de valeur à nos yeux que n’importe quoi de matériel.

Et ensuite, il y a bien entendu aussi des façons différentes de voyager. On évitera de claquer tout notre argent dans des hôtels super chers ; les jours où on mangera au resto, on privilégiera le repas de midi (car il y a le « menu du jour » contrairement au soir), et on se fera à manger soi-même, en achetant local autant que possible.

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Voilà le programme : tu es motivé(e) de te joindre à nous ? (L’avantage que tu as, c’est qu’en disant oui, tu ne dois pas pour autant renoncer à la magie de Noël dans cette belle Suisse enneigée, avec le sapin, la famille, les amis, les biscuits, le coin de cheminée et compagnie… Tu nous en enverras des extraits, si tu veux bien ! D’accord ? Car j’avoue que j’ai un pincement au cœur de partir avant d’avoir vécu tout ça, cette année ! – je me rattraperai doublement l’année prochaine !)

 

 

 

Peur, quand tu nous tiens...

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« Oui allô ? »

« Bonjour ! Je suis à la recherche d’une remplaçante à partir de lundi, pour 2 semaines, en 5H, à Remaufens. »

Ok, je suis libre, je peux déplacer mes rendez-vous de la semaine prochaine, mon mari gère les enfants et la maison, donc j’accepte.

Cette nuit-là, je vois les chiffres du réveil électronique défiler heure après heure. Une très longue nuit. Dès que je sombre dans un sommeil plus ou moins profond, je me réveille en sursaut en regardant l’heure, pour être sûre de ne pas oublier de me lever.

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Une nouvelle classe, de nouveaux élèves, de nouveaux collègues, un nouveau programme… Bien de quoi occuper mes pensées durant ces heures d’insomnies.

Tiens, en parlant de paradoxes : j’ai toujours cru que je faisais partie des gens « relax, Max », tranquille, on n’est pas là pour stresser ! Eh bien non…  Il se trouve que j’ai un côté très bileux lorsque je dois affronter des situations que je ne maîtrise pas d’avance. 

Une autre peur de mon registre personnel ? Lorsque je viens de publier un article sur mon blog, je me dis : «ça y est, je crois que cette fois, j’ai tout dit. Je n’ai plus d’idées pour d’autres articles : c’est malin, d’avoir ouvert un blog, de pondre deux, trois articles, et d’arrêter le tout ! » Probablement le syndrome de la page blanche.

(Pour la petite histoire : j’adore écrire pour ce blog ! C’est un peu comme prendre le micro en étant sourde et aveugle - je n’ai aucun moyen de connaître mon auditoire !  Mais peu importe, au fond, puisque j’écris principalement à toi, cher(e) lecteur/trice, derrière nos écrans respectifs !)

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Oui, ces peurs qui sont les nôtres… Elles constituent une partie de notre identité, de notre personne, de notre vécu. Si tu veux un petit tour d’horizon des peurs du Top 10 dans notre famille, les voilà : Marcel se met à faire la grimace et à crier « peuré » (mélange de peur et de pleuré) quand il aperçoit un ballon de baudruche, Sophie nous a partagé au souper hier soir qu’elle avait toujours peur de tomber dans un trou, Jeanne s’est réveillée plusieurs fois cette nuit en disant qu’elle avait peur de perdre un œil (?) et pour Jérémie (mon mari), le pire du pire, ce sont les piqûres et la maladie (il m’a fallu du temps pour comprendre sa phobie du diabète…). Ah, et pour moi (dans un registre un peu plus profond que celles du début), ce serait de perdre mon homme – de me retrouver seule avec tous ces chéris que la Vie nous a confiés et de savoir que je ne saurais pas leur donner le quart de la moitié de ce que leur Papa leur donnait… 

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Et maintenant, on fait quoi ? On va jouer à l’autruche en tremblant, serrer les pouces de toutes nos forces et espérer fort fort que personne ne perde son œil, devienne diabétique ou ne tombe dans un trou ? Non, et c’est pour cette raison que j’avais envie d’écrire cet article. Je crois que nos peurs ont quelque chose à nous apporter et qu’il serait dommage de passer à côté. Mais comment faire, pour ne pas « avoir peur de la peur » ?

 Le mois dernier, nous avions fait un tour en petit bateau avec des amis. On était une douzaine d’adultes et une dizaine d’enfants par barque – je te laisse imaginer comment ce bateau tanguait lorsque des personnes se levaient et se déplaçaient. Le garçon à côté de moi, d’une dizaine d’années, a vécu un moment pénible sur ce lac : il croyait que la barque allait chavirer à tout moment, il se crispait, il lui arrivait même de pousser des petits cris d’horreur et de cacher son visage dans ses mains.

Jeanne (6 ans) a été très impressionnée par ce comportement étrange d’un « grand garçon » et cela l’a travaillé encore longtemps après. Et voilà qu’un jour, entre deux cuillères de yoghourt au chocolat, elle me sert la perle qui m’a poussée à écrire cet article. Elle disait : « Hein oui, Louis (nom d’emprunt), il avait eu très peur sur ce bateau. Mais la prochaine fois qu’il en fera, il aura déjà un peu moins peur, et la fois d’après, encore un peu moins, et quand il aura été plein de fois, (elle tape dans les mains, le visage illuminé), il aura MEME plus peur ! »

Ma fille, comment te dire que tu viens de résumer l’œuvre de toute une vie de Albert Ellis, un des plus grands psychologues de notre temps…

En effet, dans son livre « Dominez votre anxiété avant qu’elle ne vous domine », le spécialiste nous livre le secret de la réussite : afin de dominer notre peur, il faut passer par la case confrontation. Plus on essaie de la fuir, plus elle va grandir.

Tout comme la réponse donnée par la bernoise Anita Weyermann, le 5 août 1997, après avoir remporté la médaille de bronze aux championnats du monde d’athlétisme, à Athènes : « Mon secret pour gagner ? Je rentre ma tête, et je FONCE ! » (En suisse-allemand, c’est quand-même plus joli : « Gring abe und seckle ! » ;-) )

Autrement dit, si tu as peur de prendre la parole en public, saisis toutes les opportunités qui se présentent à toi pour le faire ! Si tu as peur de donner des coups de fil : au travail, prends ce téléphone dans ta main, et lance un téléphone aujourd’hui ! Le trac, dès que tu dois parler à une personne du sexe opposé ? Prends-toi des plages horaires où tu t'assieds sur un banc dans un parc, et restes-y jusqu'à ce que tu aies engagé la conversation avec au moins une personne du sexe opposé ! Si ta peur est celle du ridicule, Albert Ellis préconise de se promener en ville avec une banane attachée à une laisse. (Peut-être ça vaut la peine de se déplacer quelques kilomètres d’où l’on habite… ;-) ) Les piqûres te tétanisent ? Mon mari est bientôt prêt à ne plus s’enfouir à la salle d’attente de la pédiatre, lorsque celle-ci sort les vaccins pour les enfants. (Qui sait ? Peut-être qu’un jour il ira même donner son sang ?) Peur du regard des gens ? Emprunte pour quelques heures un fauteuil roulant à une connaissance et va faire tes courses avec. Tu seras étonné(e) de la gentillesse et de la compassion exprimées par des inconnus ! (Devine comment je le sais…).

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Et dans le cas de la peur de perdre un être cher ? Difficile de « s’entraîner », me diras-tu. Ma façon de m’y prendre, c’est de me confronter à des histoires de vie inspirantes où ce genre de tragédie a eu lieu. Mon roman préféré ? « P.S. I love you », où Holly, personnage principal, perd son homme dès les premières pages du livre. (Le film est d’ailleurs très réussi également, si tu aimes rire et pleurer en même temps…)

Mon amie Karine, veuve à 23 ans avec 3 petits bouts de chou sur les bras, a toujours été une immense source d’inspiration pour moi. Elle s’est remariée depuis, et a même fondé la suite de sa famille avec son nouveau mari. Elle m’apprend que la mort de ta meilleure moitié ne signifie pas l’anéantissement de toute ta vie. Que la beauté peut ressurgir après le drame. Que la peur n’a plus besoin de dominer sur moi.

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Dans le cadre du coaching, j’ai rencontré plusieurs personnes qui faisaient face à la peur de manquer, de la précarité. En creusant le sujet, l’une d’elles s’est rendu compte que cette peur lui venait tout droit de son enfance, où ses parents vivaient des fins de mois difficiles, avec des factures qu’ils n’arrivaient pas à payer. Aujourd’hui, cette personne n’a plus de raison de s’inquiéter sur le plan financier, et pourtant, cette peur est toujours aussi palpable que lorsqu’elle était petite. Je lui ai raconté l’histoire de mes ciseaux blancs.

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Depuis que nous habitons dans la maison de mes parents (un peu plus d’un an), nous avions toujours une paire de ciseaux blancs accrochée à la fenêtre de la cave. Celle-ci était mi-close, afin de garder le lieu frais et sans humidité. Cette paire de ciseaux blancs, on n’a jamais compris à quoi elle servait. Mais si elle était accrochée à cette fenêtre, cela devait sûrement être important (peut-être pour éviter que la fenêtre se referme ?). Nous avions donc décidé de laisser cette constellation d’objets intacte. Jusqu’au jour où j’ai posé la question à ma mère. Celle-ci s’est mise à rire, en m’expliquant que ces ciseaux lui servaient à l’époque pour ouvrir le plastique entourant les briques de lait achetées par packs de 6, et placées sur le meuble sous la fenêtre. Nous n’avons plus aucun meuble sous cette fenêtre aujourd'hui, et encore moins de réserves de lait à cet endroit-là. Les ciseaux blancs, eux, étaient restés fidèles à leur poste, ne servant plus à rien depuis longtemps.

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Peut-être que certaines de nos peurs nous proviennent-elles bêtement de notre histoire familiale, et qu’il serait temps de s’interroger sur leur utilité aujourd’hui ?

Comment faire alors, si tu te rends compte que tu as peur d’une chose qui n’est pas prête d’arriver, au fond ? Voici un petit truc tout simple qui peut t'aider :  lorsque tu as réussi à identifier une « fausse croyance », telle que : « je n’aurai jamais assez de sous », il s’agit de la remplacer par une nouvelle, en l’affirmant avec force et vigueur jusqu’à ce qu’elle puisse s’enraciner en toi. Dans ce cas-là, par exemple : « J’ai toujours mangé à ma faim, je n’ai jamais dormi sous un pont, il n’y a pas de raison que cela change demain ! »

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Encore mieux : tu te fais des post-it dans des endroits stratégiques où  tu passes durant la journée, et tu déclares à haute voix cette nouvelle croyance que tu adoptes pour toi.

Quand j'ai eu mes premiers clients en tant que coach, j'étais terrifiée à l'idée de leur faire payer mes prestations, sous prétexte de ne pas me sentir à la hauteur. Le post-it qui a longtemps trôné dans le miroir de ma salle de bain ? "Je suis une coach hors-pair. J'aime accompagner les gens vers les buts qu'ils se fixent."

Crois-moi, c’est assez bluffant comme c’est efficace !

 

Pour terminer, j’aimerais juste encore mentionner que certaines peurs ne sont pas là pour nous gâcher la vie ! Bien au contraire : ma peur de perdre mon homme me permet de l’apprécier à sa juste valeur, reconnaissant que rien ne m’est dû, et que j'ai tout intérêt à chérir au mieux cet être si exceptionnel à mes côtés ! Mes enfants, ma famille, mes amis : quel cadeau de les avoir, et non, cela n'est pas simplement "normal". A moi d’en prendre soin et de leur refléter au quotidien combien j’apprécie cheminer avec eux dans cette vie.

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Voici un clip de Meghan Trainor qui exprime à merveille cette idée : I’m gonna love you like I’m gonna lose you. (Si tu ne comprends pas l'anglais, en gros, ça dit : "Je choisis de t'aimer comme si j'allais te perdre, je veux te serrer comme si je devais te dire au-revoir.")

 

 Sur ce, je te souhaite de bonnes réflexions au sujet de tes peurs à toi, sur celles que tu as envie « d’attaquer de front », et sur celles que tu choisis de classer dans « utiles, et porteuses de fruits ». Comme d’habitude, n’hésite pas de me partager un peu tes pensées ! Cela fera mon plus grand bonheur !

 

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PS : I love you ! (J'étais obligée de la faire, celle-là !) ;-)

 

PS 2 : A partir du prochain article sur ce blog, je commencerai à relater notre périple et à te présenter un peu chaque membre de notre incroyable équipe de bord ! Tu pourras ainsi nous suivre dans notre voyage autour du globe ! (Départ : le 18 décembre 2017 !)

 

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